La situation est aggravée par la collaboration entre criminels et terroristes, facilitée par un afflux d'armes. Des enlèvements, parfois suivis de demandes de rançon, sont devenus plus complexes, impliquant un trafic humain. Par exemple, le 14 août 2025, 11 passagers ont été enlevés près de Zigagué et libérés une semaine plus tard suite à une intervention militaire camerounaise au Nigeria.

La recrudescence de l'insurrection, avec des attaques de l'État Islamique en Afrique de l'Ouest (ISWAP) contre des postes militaires depuis janvier 2025, a également créé des opportunités pour le banditisme. De plus, l'état des routes, particulièrement durant la saison des pluies de juin à octobre, facilite les embuscades et retarde considérablement les déplacements.

Ces problèmes d'insécurité entraînent une réduction du commerce transfrontalier, forçant les voyageurs et transporteurs à emprunter des itinéraires plus longs et coûteux. Cela provoque des pénuries de biens de première nécessité, une flambée des prix et une augmentation des tarifs de transport. Le harcèlement policier et douanier ajoute à ces difficultés, avec un nombre excessif de postes de contrôle sur certains axes.

Des efforts sont en cours pour réhabiliter certaines sections routières, mais la sécurité reste une préoccupation majeure, notamment près de la frontière nigériane, un bastion de Boko Haram. Des opérations conjointes entre le Cameroun et le Nigeria, ainsi que des initiatives de sensibilisation civilo-militaire, sont jugées nécessaires pour améliorer la situation.

La construction d'un nouveau tronçon routier, annoncé en 2013, pourrait offrir une alternative pour contourner les zones d'attaques. En attendant, les gouvernements des pays concernés sont appelés à réduire les difficultés sur les routes alternatives, notamment en diminuant le nombre de postes de contrôle et le harcèlement des usagers.