Deux jours après l'arrestation de l'équipe d'audit, la direction de l'AILC a été démis de ses fonctions, ses locaux ont été perquisitionnés et des documents ont été saisis. L'ancien contrôleur général de l'AILC a affirmé que l'enquête avait révélé des irrégularités graves dans la gestion et la commercialisation des ressources pétrolières, impliquant des autorités de haut rang.

Ces événements surviennent dans un contexte où le Tchad est régulièrement classé parmi les pays les plus corrompus au monde. Les indicateurs de Transparency International placent le pays parmi les 20 nations les plus corrompues, avec des scores oscillant entre 19 et 22 sur 100. Le rapport 2024 de la Banque Mondiale sur la transparence, la responsabilité et la corruption dans le secteur public attribue au Tchad un score de 2,0 sur 6, reflétant des faiblesses institutionnelles persistantes.

Malgré les engagements internationaux du Tchad, notamment la ratification de conventions contre la corruption et la participation à des initiatives de transparence, les résultats concrets peinent à se matérialiser. L'AILC, créée en 2023 pour lutter contre la corruption, semble limitée dans son action par des contraintes politiques et un lien direct avec la présidence, nécessitant une approbation présidentielle pour certaines enquêtes.

La perturbation des activités de l'AILC nuit à la crédibilité de l'agence et envoie un signal négatif aux investisseurs étrangers, compromettant la stratégie du pays visant à attirer les investissements. Pour renforcer l'intégrité publique, il est essentiel d'isoler l'AILC des pressions politiques et de garantir son autonomie.